à propos

Georges de La Tour. commons. wikimedia.org
G. de La Tour, commons. wikimedia.org

Dès les premières lueurs de ma mémoire consciente, il y a les livres. Les livres investis d’un pouvoir surnaturel. Est-ce parce que je viens au jour en terre inépuisable d’Haïti, en île insolée et insolente d’éducation magique qui torche le quotidien ingrat d’une main poétique ?
Toujours est-il qu’à six ans, je quitte le Nouveau Monde pour l’Ancien où habitent mes parents qui sont Français : l’un est pâle comme le creux de la main, l’autre, foncée comme le dos. J’atterris sur la berge européenne dans un plat pays qui paraîtrait petit s’il n’était inattendument déconcertant. Avec la traversée des eaux atlantiques débute une métamorphose imprévisible qui doit beaucoup à l’excédent de bagages de la langue française.
De cette découverte du plus rien n’est pareil, déroutant et même étrange comme la folie innommée de la mère bio, les livres ont été tantôt la faveur d’un fil d’Ariane infini, tantôt les extraordinaires jupes de Marianne sous lesquelles recouvrer la joie d’être déplacée, dérangée, émerveillée par les rencontres singulières qui font dire : je ne savais pas qu’on pouvait parler, écrire, créer, aimer, bouger, réfléchir comme ça…
C’est ainsi que, pas à pas, Les vagabonds sans trêves, dont le nom est tiré d’un vers de Verlaine, nomadiseront et évolueront au gré des vies ouvertes et des espaces enviables des continents africain, américain et européen, allant et venant entre les univers artistiques, les étonnements philosophiques et les interrogations sur la condition humaine et les réalités sociales.

Carnet de (dé)route atlantique des publications par catégorie :

coups de tête : études et articles longs traitant de littérature, de philosophie, d’art et de sujets de société.
et moi émois et moyes : incursions au vif de mon espace romanesque.
les liens qui font sens : découvertes de passerelles surprenantes.
méli-mélo : interludes légers comme une brise poétique ou esthétique qui donne à imaginer et fait se déplacer.
entretiens compris : où le hasard des rencontres accorde un dialogue passionnant.
vagabonds experts : un intervenant décrypte les moments et les mots m’ayant réduite à ma couleur de peau, mon genre, etc…

Au premier venu, je ne dis jamais : « tu n’es rien, tu ne peux rien », mais « tu contiens l’immensité… à toi de l’explorer sans relâche, intensément, à coups de bélier, de verges, de scandale… »

Marcel Moreau, L’Ivre livre, Christian Bourgois éditeur, Paris, 1973, p. 85

Baldassare Peruzzi, Danse d'Apollon avec les muses, (anciennement attribué à Giulio Romano), Galleria Palatina (Palazzo Pitti), Florence, commons.wikimedia.org
Baldassare Peruzzi, Danse d’Apollon avec les muses, (anciennement attribué à Giulio Romano), Galleria Palatina (Palazzo Pitti), Florence, commons.wikimedia.org
CGM, Olivier Hennebert
CGM par Olivier Hennebert

Rejoignez sur FACEBOOK LES VAGABONDS SANS TREVES
Suivre CGM et Les vagabonds sans trêves sur Twitter