entretien compris

Interview d’Adriana Bito, fondatrice d’Honesty

De l’ingénierie de la paix

Cher tout le monde, femmes, hommes et tant d’autres, en octobre 2017, à Saint-Denis, lors d’une journée autour d’Ouvrir la voix d’Amandine Gay (lire ici), j’ai rencontré Adriana Bito,  la jeune créatrice d’une intéressante structure sociale qui offre ses services aux personnes dont le profil est atypique.

Les vagabonds sans trêves : Bonjour Adriana, pourriez-vous nous résumer votre parcours ?

Adriana Bito, fondatrice de Honesty Musango, photographiée à Paris, près du Centre Pompidou, juillet 2018

Adriana Bito : Bonjour, je suis née en France, en 1989. Mes parents sont d’origine camerounaise. J’ai grandi dans les milieux multiculturels de la banlieue parisienne où j’ai appris, et c’est ce que j’ai envie de promouvoir, que la diversité humaine est une force. J’ai fait des études d’ingénieur.

Vous avez suivi quel type de formation ?
Ingénieur Kaizen en génie industriel et en particulier dans la qualité et l’amélioration continue. Puis, à vingt-quatre ans, je suis partie au Cameroun. J’y ai vécu 18 mois. Cette position d’expat ne me convenait pas. Je ne me sentais pas à ma place. Ça n’avait pas de sens pour moi ! J’ai vécu alors une crise identitaire qui a mis en lumière mon état dépressif latent.

Latent, depuis quand ?
Je dirais dix ans. Et, finalement, j’ai décidé d’aller en Australie. C’était en 2015. J’y suis restée presque deux ans.

Kathy Ruttenberg On Broadway, In dreams awake, All the World’s a Stage, 64th Street Dante Park, May 2018

Que vous apporte ce séjour australien ?
La latitude de réfléchir à la façon dont je peux utiliser mes compétences d’ingénieur pour régler les problèmes qui me tiennent à cœur. À savoir, les injustices, le manque d’amour…

Je reviens sur l’étape du Cameroun. Était-ce le premier séjour ou vous connaissiez le pays ?
Je le connaissais. En revanche, c’était le premier séjour en tant que professionnelle, expat riche, privilégiée dans des quartiers que je ne connaissais pas. Il s’agit donc d’une question de classe sociale. Or très souvent, quand on parle du racisme et du sexisme, c’est-à-dire, des difficultés rencontrées par les femmes noires, on oublie qu’au sein des femmes noires, il y a aussi des différences de classes sociales. En résumé, l’expérience vécue, au Cameroun, en tant qu’expat, m’a vraiment fait réaliser que je ne suis pas de cette classe sociale d’intellectuels ou de gens qui ont des grands boulots. Je ne fais pas partie de ce monde, même si j’y suis aujourd’hui, parce que j’ai fait une ascension sociale, grâce aux études et à l’envie de défendre le fait que la diversité est une force.

Et c’est alors que vous partez pour Australie…
Oui ! Et là, j’ai créé mon organisation, Honesty Musango, une entreprise sociale pour la paix de l’esprit et entre nous. Musango veut dire paix en douala.

Kathy Ruttenberg On Broadway, In dreams awake, All the World’s a Stage, 64th Street Dante Park, mai 2018

Cette entreprise sociale est fondée sur quel esprit, quelle représentation du monde ?
La vision à long terme que l’entreprise essaye d’obtenir, c’est la paix. Et ça consiste pour chacune des personnes, dans le groupe concerné, à être elle-même, naturelle, spontanée, libre, sans empiéter sur le terrain de l’autre et sans être agressée par l’autre non plus. Quand on parle de paix, il faut l’envisager à plusieurs niveaux. Il y a la paix avec soi-même. Donc, me concernant, c’est la réconciliation de la tête française, très portée sur l’abstraction, avec le cœur camerounais très actif et dans l’intelligence du faire, du vivre et du ressenti. Après la paix de l’esprit, celle qui est d’abord à faire en soi, on cultive la paix dans l’entourage et, de proche en proche, la paix se répand. Comme vous voyez, le concept est dynamique et il peut s’appliquer à un être humain, à cent, comme aux huit milliards que nous sommes sur cette planète. 

Quels services votre structure propose-t-elle ?
Adriana Bito : Elle propose plusieurs services, tous liés au développement. On prend un être humain, forcément, complexe, et on l’accompagne dans son développement global ! Donc, son développement personnel, et aussi son développement professionnel, le professionnel étant le service rendu, au quotidien, à une entreprise libérale, privée ou publique. À quoi s’ajoute la dimension citoyenne, c’est-à-dire le service qu’on rend à une cité, à une région, à un pays. C’est vraiment une question de niveau, mais c’est toujours des outils et des programmes de développement qui permettent d’aller d’un état donné à un autre état qu’on estime être meilleur.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, In Sync, 72nd Street, juin 2018

Pratiquement, ça se passe comment ?
Pour le moment, ça prend la forme de séance de coaching, en one and one, avec moi, parce que je veux vraiment m’adresser à des êtres humains atypiques qui seront les leaders de la transmission de cette méthode de développement et de soutien global à de grands groupes. Parce que si le leader ne change pas, le groupe qu’il guide ne changera pas non plus.

Vous avez également écrit un livre…
Oui, afin que la personne, s’intéressant à la méthode, puisse tranquillement, chez elle, lire à son rythme, réfléchir, poser des questions, tester des outils par elle-même.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, In Sync, 72nd Street, June 2018

Qu’est-ce qui singularise ce livre ? N’est-ce pas le énième livre…
Si, très honnêtement, je pense que c’est le énième livre et je ne suis pas fan de livre. Mais, pour être honnête, j’ai écrit Honesty parce que j’ai réalisé qu’il y avait un élitisme du livre et qu’on ne s’écoutait pas, sauf si on portait un costard et qu’on écrivait un livre. Alors, j’ai écrit ! J’ai écrit puisque, verbalement, mon propos ne passe pas ! Maintenant, ce qui singularise le livre, c’est que c’est le mien, le livre d’Adriana Bito, qui repose sur mon expérience de vie, relate et analyse mon parcours : celui d’une jeune femme noire passée des banlieues aux écoles de prépa, une jeune femme noire qui a fait l’expérience de l’expatriation dans son pays d’origine, qui a dépassé la dépression et a décidé de vivre ses rêves.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, Ms. Mighty Mouse, 79th Street, detail, June 2018

Vous avez la jeunesse et la réussite scolaire et vous traversez une dépression. Je ne vous demande pas de faire l’anamnèse d’une expérience si complexe, mais une dépression à la suite de quoi ?
Disons, parce que je ne trouvais pas de place pour mon honnêteté dans ce monde. Pour les raisons que met en évidence l’intersectionalité, plus on fait partie de groupes discriminés, moins on est écouté. Alors si ta couleur de peau est sombre, tu perds des points ; si tu es une femme, tu perds des points ; si tu es la plus jeune de la famille, tu perds des points ; si tu viens d’un milieu prolétaire, tu perds des points et ce d’autant plus que ce que tu as à dire, personne ne veut l’entendre.

Est-ce qu’être diplômée, ce n’est pas aussi perdre des points ?
Être diplômée, dans ce monde, c’est gagner des points. Ça ajoute à sa voix ! D’ailleurs, quand je suis en France, je suis constamment en train de répéter que je suis ingénieure.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, Ms. Mighty Mouse, 79th Street, June 2018

À cause du manque de crédibilité ou de légitimité sociale ?
Si, je ne précise pas que j’ai un diplôme d’ingénieur, ce que je dis est invalidé. Du coup, je me suis intéressée aux identités sociales. Me suis demandé ce que les critères sociaux veulent dire. Parce qu’être noir, être femme, ça n’existe pas ! Ce sont des critères sociaux, des cases dans lesquelles on nous enferme de façon arbitraire, alors qu’il y a des métis, des hommes-femmes, etc. Et à quoi servent ces catégories ? Elles permettent de dire qui peut voter, ne pas voter, a droit à ceci ou à cela. Il est important aussi de prendre conscience que ceux, comme nous, les Noirs, pas seulement, qui se définissent souvent par les discriminations auxquelles ils sont confrontés, ont tendance à oublier les privilèges qu’ils ont. Pourtant, ce sont aussi ces privilèges-là qui permettront de rétablir l’injustice et de dépasser les limites des cases où on n’est pas privilégié. 

Quels sont les privilèges que vous avez ?
J’ai des papiers français, c’est un privilège. Je suis allée au Cameroun avec mes cousins camerounais, je peux vous dire qu’ils ne vont pas faire les mêmes voyages que moi. Conclusion, il n’y a pas que ces grands thèmes dont on parle : racisme sexisme, car un être humain est multiple.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, Snail’s Pace 96th Street, detail, June 2018

Si je vous comprends, certaines facettes ou qualités sont la cible des discriminations et ce mépris social empêche d’évaluer à quel point l’humain est complexe ou riche ?
Oui ! Et je m’intéresse aussi aux questions des identités sociales, parce que, quand j’ai commencé à faire face à mes difficultés de femme noire, pour être honnête, je n’en voulais pas aux Blancs. Des hommes blancs, je savais que je n’avais rien à attendre. Je connais leur façon de concevoir le monde. J’estime qu’elle est destructrice. Mais, vraiment, j’en ai voulu à mes sœurs noires qui ne m’écoutaient pas davantage.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, Snail’s Pace 96th Street, detail, June 2018

Pourquoi n’écoutent-elles pas ?
Parce qu’on a internalisé cette discrimination. Et aujourd’hui, entre nous, il y a parfois cette difficulté, cette réticence à se montrer solidaires. C’est ça qui m’a fait le plus mal et aujourd’hui, encore, c’est ça le plus pénible et non pas tant de se dire que celui qui n’est pas du groupe est méchant. Puisqu’il n’est pas du groupe, pourquoi veux-tu qu’il ait nos intérêts dans son cœur ?

Pouvez-vous expliquer cette notion de groupe ?
Ce sont les groupes sociaux, par exemple, un groupe noir, un groupe femme…

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, Snail’s Pace 96th Street, June 2018

Comment peut-on défendre l’honnêteté, plaider la paix en entérinant ou approuvant ces catégorisations a prioride l’humain ? Votre organisation, Honesty Musango est une entreprise sociale aspirant au dépassement de ces visions limitatives, n’est-ce pas ?
J’aime bien le mot dépasser. Et là, c’est la mathématicienne qui parle : pour dépasser quelque chose, il faut passer par des étapes, étape, un, deux, trois. Il faut respecter ces phases pour y arriver. J’aime répéter qu’on est des êtres infinis. Je ne sais plus où j’ai lu cette analyse disant qu’on a quatre parties de l’identité. Il y a ce qu’on appelle l’évidence apprise et c’est la première chose qu’on voit d’une personne. Et comme on est des êtres visuels, la première chose qu’on voit d’une personne, c’est la couleur de sa peau. Ce n’est pas mal ou bien, c’est une façon de distinguer, celui-ci de celle-là. Mais heureusement qu’on peut distinguer, sinon, comment fait-on ? On voit la peau, on voit le genre, c’est normal. Ensuite, il y a des choses qui sont personnelles, n’appartiennent qu’à la personne, j’appelle ça la confidence, c’est ce que la personne est et que tu ne peux pas savoir parce que c’est à l’intérieur d’elle. Après il y a ce que toi tu vois d’elle dont elle-même n’est pas consciente. Et enfin, il y a la part d’infinité. Mais dans ce chemin-là de notre être infini, parfois on ne peut pas commencer par l’étape un, l’étape qui est de se dire, d’accord, socialement, je peux dire ça, faire ça, et voilà les conséquences éventuelles que ça a pu avoir sur ma définition de moi-même et la façon dont les autres me voient. Pourtant, il faut y arriver. Parce qu’une fois qu’on sait d’où on part, on peut se dire, OK, je peux faire le voyage que je veux, avancer vers la destination désirée. Mais si on ne sait pas d’où on vient et où on est, il est très difficile d’avancer, compliqué de se repérer, de se créer un chemin et se créer un rêve. Voilà ce que j’appelle l’honnêteté, c’est vraiment le voyage de l’honnêteté vers la paix. Et il commence par un état des lieux d’où on se trouve, un constat de son point de départ, sans jugement. Parce que c’est comme à l’aéroport, pour voyager, pour prendre l’avion, il faut l’origine et la destination.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake Topsy Turvy, 117th Street, Columbia Gates, detail, June 2018

Votre livre est-il vendu où ?
Exclusivement sur mon site : honestym.com (lien ici), parce qu’il est aussi une invitation à démarrer une conversation. Cet élément répond à votre question : qu’est-ce qui singularise mon livre ? Eh bien, le fait qu’il vienne avec une session d’une heure pour discuter avec moi et qu’il offre l’accès à un groupe d’autres personnes ayant acheté ce livre afin justement d’échanger sur la façon d’appliquer ces idées, de les mettre en pratique et d’en développer d’autres à partir de ce socle basé sur mon expérience personnelle.

Le livre ressemble à un outil de travail et de mise en réseau, à la fois un espace de réflexion et communication.
Oui ! C’est une clé, la clé pour entrer dans l’espace d’interaction d’une communauté. Derrière le livre, l’idée est de fonder une communauté. D’ailleurs sur Facebook, la page qui lui est dédiée est communautaire. En la créant, je voulais une communauté de ce que j’appelle Les guedins de la paix. Des gens qui sont tous différents, mais partagent la conscience que leur objectif commun est d’obtenir la paix.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake Topsy Turvy, 117th Street, Columbia Gates, June 2018

Cette paix ne peut être juste pour soi. Elle est forcément sociale.
Elle est liée au social, mais elle commence en faisant la paix avec soi-même. C’est là qu’il y a aussi quelque chose à apprendre. Parce qu’aujourd’hui, surtout avec la mentalité française ou francophone, on a une approche désireuse de sauver tout le monde. Mais si chacun de nous se sauvait lui-même, ce serait plus efficace. Par conséquent, il faut comprendre que le social, c’est vous, c’est moi. Ce n’est pas un concept abstrait ! C’est chacun de nous qui reprend son leadership, qui crée ses rêves et les réalise en collaboration avec d’autres qui entreprennent la même démarche. Si on fait le même travail, on peut dialoguer, échanger les idées, les constats, les outils.

Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, Fish Bowl, 157th Street, mai 2018

Comment la formation d’ingénieur informe-t-elle cette manière de penser le développement de l’individu et de passer d’une échelle à l’autre, du micro au macro ? 
Le parcours d’ingénieur donne une forme, parce qu’un ingénieur est quelqu’un qui bâtit une solution, la solution d’un gros problème complexe. Je ne connais pas de problème plus gros et plus complexe que celui de la paix dans le monde. Bâtir, c’est dans le sens d’avoir un système ou un processus de résolution. Autrement dit, un enchaînement de tâches et de questions permettant, en fait, d’atteindre l’objectif. Le parcours d’ingénieur me permet de construire des protocoles répondant au besoin de gens qui ont des rêves à réaliser, mais comme ils sont désorganisés, ils peinent à bâtir quelque chose de construit dans lequel d’autres vont pouvoir s’insérer pas à pas de façon à obtenir le résultat escompté. C’est là où l’ingénierie joue !

Gus, the powerful and placid dog and Art of Kathy Ruttenberg on Broadway, exhibit: In dreams awake, Fish Bowl, 157th Street, mai 2018

La France, le Cameroun, l’Australie…, ce nomadisme a nourri comment le concept d’Honesty ?
Ça a d’abord fait de moi une voyageuse culturelle, passionnée par la découverte géographique et sociale. Mais ça a affiné ma conscience de l’ampleur des injustices. Parce que, née en France, j’avais l’impression d’être dans le présent. J’ai eu des cours d’histoire où on me parlait de colonisation en Afrique, on me parlait aussi d’Aborigènes heureux dans la forêt. Du coup pour moi c’était l’histoire. La colonisation, c’était il y a très longtemps, et les Aborigènes encore plus longtemps. Quand je me retrouve au Cameroun, j’ai l’impression de faire un voyage dans le passé. Et je me dis, mince, mais la colonisation, c’est maintenant, car d’après ce que je vois, le pays est toujours en pleine colonisation. Là, je commence à m’ouvrir aux questions, comme le sort des peuples noirs. Ensuite, quand je me retrouve en Australie, je me retrouve encore plus loin dans le passé, car les Aborigènes, voilà des populations qui sont en train d’être éliminées. C’est une extinction dont on n’entend même pas parler. Nous les Africains ou les gens de la diaspora africaine, on parle encore de nous, à la limite, on a une voix. Mais les Aborigènes, eux, ne sont déjà plus présents dans nos têtes, ils sont dans nos livres d’histoire. Et là, je me suis dit le problème est gros et ancien et il doit être pensé à long terme. Il faut de l’ingénierie, car ce n’est pas une réalité simple, mais le problème doit être aussi pensé à court terme pour toutes les personnes jeunes et moins qui, comme moi, ont dû et doivent agir dans l’urgence.

Adriana Bito, fondatrice de Honesty Musango, photographiée à Paris, près du Centre Pompidou, juillet 2018

Cher tout le monde, femmes, hommes et tant d’autres, je vous invite à découvrir le site web de la très active Adriana Bito ici. On se quitte avec Under Pressure (1981), une chanson écrite par Queen et David Bowie :
Why can’t we give love that one more chance ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas donner à l’amour cette dernière chance ?
Why can’t we give love ?
Pourquoi ne pouvons-nous pas donner de l’amour ?
Give love give love ?
Donner de l’amour donner de l’amour ?
Give love give love ?
Donner de l’amour donner de l’amour ?
Give love give love ?
Donner de l’amour donner de l’amour ?

Cause love’s such an old fashioned word
Parce qu’amour est un mot tellement démodé
And love dares you to care
Et l’amour te défie de veiller
For people on the edge of the night
Sur les gens qui se tiennent à la lisière de la nuit
And love dares you to change our way
Et l’amour te défie de changer la façon
Of caring about ourselves
Dont nous nous occupons de nous-mêmes

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