Ode au magnolia de Pablo Neruda

Pablo Neruda en 1966
Pablo Neruda en 1966

ODE AU MAGNOLIA

Magnolia03Une fleur de magnolia
pure
ronde comme un cercle
de neige
monta jusqu’à ma fenêtre,
me réconciliant avec la beauté.

Entre ses feuilles lisses
– ocre et vert –
fermée,
elle était parfaite
comme un oeuf
céleste,
ouverte
elle était la pierre
de la lune,
Aphrodite embaumée,
planète de platine.
Magnolia01Ses grands pétales me rappelèrent
les draps
de la première lune
amoureuse,
et son pistil
érigé
était tour nuptiale
des abeilles.

Ô blancheur
entre
toutes les blancheurs,
fleur immaculée,
amour resplendissant,
odeur de neige blanche
et de citrons,
secrète secrétaire
de l’aurore,
coupole
des cygnes,
rayonnante apparition !

Magnolia02

 

 

 

 

 

Comment
te chanter sans
toucher ta peau très pure,
t’aimer seulement aux pieds
de ta beauté, et t’emporter
dormante dans l’arbre de mon âme,
resplendissante, ouverte,
aveuglante,
sur la forêt obscure
des songes!

Pablo Neruda

Magnolia04

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