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Qu’en avez-vous fait ? de Marceline Desbordes-Valmore

Marceline la poétesse simple et sublime

Martin Johnson Heade, vanité
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Martin Johnson Heade, vanité

QU’EN AVEZ-VOUS FAIT ?

Vous aviez mon coeur,
Moi, j’avais le vôtre :
Un coeur pour un coeur ;
Bonheur pour bonheur !

Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !

La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L’encens, la couleur :

Qu’en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?

Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde ?
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’amour ?

Vous appellerez,
Sans qu’on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !…

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.

Et l’on vous dira :
« Personne !… elle est morte. »
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?

Marceline Desbordes-Valmore, Charles-Alexandre-Joseph Caullet, théâtre de Douai, détail du plafond
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Marceline Desbordes-Valmore, Charles-Alexandre-Joseph Caullet, théâtre de Douai, détail du plafond

Marceline Desbordes-Valmore, (1786-1859), est la poétesse française de la simplicité qui fait chanter les hommes.
À preuve, son poème Les séparés (N’écris pas…) : 

Julien Clerc et Benjamin Biolay