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Rebelles Silencieux de Marion Schreiber

L’attaque du convoi pour Auschwitz

Rebelles silencieux
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L’oubli peut aider les individus, jamais les nations. Saviez-vous qu’en Belgique, le 19 avril 1943, trois jeunes hommes téméraires ont stoppé l’avancée du vingtième convoi, vers la mort et l’esclavage, de personnes juives et de partisans ? Ce fait unique dans l’histoire de l’opposition au totalitarisme nazi est raconté dans Rebelles silencieux par Marion Schreiber.

Bien sûr, il y eut de la collaboration et des profiteurs en Belgique, mais la population était surtout méfiante à l’égard des envahisseurs.

Statue du comte d'Egmont et du comte de Hornes, Petit-Sablon à Bruxelles, Jahoe, commons.wikimedia.org
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Statue du comte d’Egmont et du comte de Hornes décapités par le duc d’Albe, Petit-Sablon à Bruxelles, Jahoe, commons.wikimedia.org

Pourquoi ?

Parce que les Belges ont une longue histoire d’insoumission. Une longue histoire de refus de l’autorité. Combien de grandes nations voisines (et non) ont eu la prétention d’administrer ce territoire ? Mais ça ne l’a pas fait ! Aucune n’a pu rester maîtresse du plat pays. Plat peut-être pour être envahi, mais aussi pour que l’envahisseur décampe fissa. La déception est toujours la même : les Belges refusent de s’aligner! Ils sont ingérables et même ingrats !

Le dernier à avoir fait ce constat est le baron Alexander von Falkenhausen, commandant militaire de la Belgique et du Nord de la France. Son oncle Ludwig von Falkenhausen avait été gouverneur de la Belgique durant la Première Guerre mondiale. Alexander von Falkenhausen se voulait modéré. 

Le baron Alexander von Falkenhausen, gouverneur militaire de la Belgique et du Nord de la France, Das Bundesarchiv, commons.wikimedia.org
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Le baron Alexander von Falkenhausen, gouverneur militaire de la Belgique et du Nord de la France, Das Bundesarchiv, commons.wikimedia.org

Le général trouvait que les Belges étaient « un peuple difficile »… (p. 46)
Il constata chez les Flamands et les Wallons « un sens aigu de la liberté personnelle ».
En fait, von Falkenhausen eut bien du mal à s’habituer à ce peuple à qui, de toute évidence, manquait les vertus prussiennes prônées par le baron, un peuple qui avait appris pendant des siècles sous différents occupants à baisser la tête, à faire le dos rond. (p. 46)
[…] les autorités du pays obéissaient tant bien que mal aux ordres des nouveaux maîtres. Les administrations belges en faisaient le moins possible.

Si l’antisémitisme existait en Belgique, il n’était cependant pas profondément inscrit dans la mentalité dont l’individualisme prônait « chaque se mêle de ses oignons », attitude encline plutôt à vivre en paix et respecter le voisin.
Le jour du déclenchement de la révolte du ghetto de Varsovie eut lieu l’attaque du convoi à destination d’Auschwitz. Un acte d’héroïsme contre toute raison ! (p. 256) Ce 19 avril 1943, 231 déportés s’échappèrent du convoi avant la frontière allemande (p. 268). Si 23 moururent sous les balles en essayant de fuir, les autres ont eu la vie sauve.
Tous ceux qui échappèrent au train de la mort pouvaient compter sur l’aide de la population belge. Personne ne fut dénoncé. L’honneur des Belges ! (p. 268)
Porteur d’espoir, Rebelles silencieux est un récit limpide, documenté, humain qui rend hommage à la résistance contre l’oppression. À lire, à lire d’urgence dans ces aujourd’huis de peurs où les extrémismes de toutes parts tentent de nous persuader qu’il y a de la vie dans les extrêmes de la haine.

Rebelles Silencieux, Marion Schreiber, Éditions Racine, Bruxelles, 2006