Vagabond sans trêves de Benoit d’Afrique

19/07/2020

By Christophe-Géraldine Métral

Coralie Gracienne, Rhum et sucre, gloire et tragédie de la canne à sucre, février 2020, pastel sec sur papier, 49 x 29,7 cm, pour le blog Les vagabonds sans trêves, ©Coralie Gracienne/blog Les vagabonds sans trêves

Cher tout le monde, femmes, hommes et tant d’autres, je suis émue de vous faire découvrir une poésie inédite de Benoit d’Afrique accompagnée d’une œuvre originale de Coralie Gracienne. Il s’agit, pour moi, d’un partage enchanté : ces jeunes talents sont plus qu’amis fantastiques dont la présence, dès les premiers instants de la rencontre, m’ont ravie.

Vagabond sans trêves

Je suis l’aiguille
Que l’insomnie aiguise
Pour tresser des nuits en peine
Le maillet de l’aurore
Qui broie la nuit
Pour que naisse le jour
J’aime prendre d’assaut
Les doutes de l’aube
Pour livrer guerre aux brises cannibales
Autour de ma tête
Des îles en acrostiches
Mon âge à la forme d’une crise épileptique
Je suis des nuits fêlées
Portant des utopies incisées
En collier autour de mon avant-bras
Je suis des cantiques en cartouche d’encre
Des absences plombées

Et des joies en plastique
Le jour m’a vu naître
Dans le simulacre des collines
Portant la faille des horizons amputés
 Sur mes épaules fébriles
Je suis la somme des landes en deuil
 Le résultat des cris étouffés
Et les échos en déroute
Je suis un vagabond sans trêves
Certains m’apostrophent ombre des chênes
Et d’autres oraisons du silence

Benoit d’Afrique, février 2020

 

Coralie Gracienne, dessinatrice, étudiante en archéologie, Paris, juin 2019, ©Christophe-Géraldine Métral/blog Les vagabonds sans trêves

Coraline Gracienne est née à Gonesse, à Paris. Ses parents sont originaires de La Réunion. Elle a cinq ans lorsqu’ils décident de retourner là-bas. Passionnée d’art et de culture de tous les continents, elle fait sept ans de théâtre et commence à suivre des cours de dessin. Une fois le bac en poche, elle revient à Paris où elle étudie l’archéologie à l’université de la Sorbonne. Ses autres enthousiasmes sont le chant choral : soul et du gospel et maloya, un type de musique, de danse et de chant traditionnel de La Réunion (Coralie suggère Traditionèl mèm du groupe KILTIR, à écouter ici)

Le poète Benoit d’Afrique, salon du livre de Paris, mars 2019, ©Christophe-Géraldine Métral/blog Les vagabonds sans trêves

Né aux Gonaïves (Haïti), Benoit d’Afrique est poète, photographe et président du Cénacle des Treize. Lauréat du Concours International Poésie en Liberté 2016, il publie en 2018 son premier recueil poétique L’enfant n’est pas mort, aux Éditions Z4. Il est membre du regroupement des poètes francophones engagés. Depuis peu, Benoit d’Afrique est également responsable de la rubrique Pro’sie de l’Éclectique, pour la Revue de la Sorbonne où il étudie les lettres modernes. Je vous invite à lire ou relire l’interview qu’il a accordé au blog en mars 2018, durant le salon du livre de Paris, ici.

Cher tout le monde, femmes, hommes et tant d’autres, on se quitte avec une autre formation de maloya appréciée de Coralie Gracienne, le groupe Lindigo qui chante LafrkindMada, le lien  ici.

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